Course de canots à rame à Monaco est une histoire qui raconte une compétition ardemment disputée.
» Vers trois heures, quatre coups de canon annoncèrent aux habitants de Monaco comme aux étrangers que le cortége des régates allait traverser la ville.
Ace signal la ville fut désertée et les créneaux du mur d’enceinte, des forts et des fortins, les bains Saint Charles, les routes, les hauteurs, la plage et le chemin de la Quarantaine se garnirent spontanément de curieux.
Bientôt on vit le cortége composé de nombreux marins, musique en tète, suivre la rampe du château.
En voyant flotter toutes ces banderoles et ces écharpes aux couleurs diverses, on eût cru, de loin, voir descendre de cette route féodale une troupe de seigneurs et de châtelaines se rendant à un tournoi.
Chacune des couleurs du cortége, portée par six rameurs et un patron-timonier, représentait la couleur d’un bateau à rame qui allait concourir.
Le point de départ des régates était déterminé en rade de Monaco à une grande distance, par le mouillage d’une petite goëlette.
Le but était la plage devant les bains Saint-Charles.
A quatre heures précises, un coup de canon tiré de la Quarantaine donnait le signal du départ.
Il y avait entre les bateaux coureurs une rivalité sans exemple, qui a doublé le plaisir des spectateurs.
Comme toujours, le public avait diversement accordé ses sympathies à telle ou telle couleur.
Un groupe de dames placé sur le chemin de la Quarantaine avait notamment accordé ses sympathies aux bleus.
Les mouchoirs de batiste s’agitaient de ce côté d’une façon remarquable… à mesure que les bateaux approchaient du rivage les cris, les bravos, les hourras doublaient.
Bientôt la lutte devint plus intéressante encore entre les bleus et les roses, et enfin, aux applaudissements de toute la foule, les bleus arrivèrent les premiers d’une demi-longueur de bateau seulement.
Le premier prix fut donc accordé à la pirogue bleue Saint-Louis, patron Aureglia, de Monaco et le deuxième prix à la pirogue rose La Légère, patron François Barrai, de Monaco. »
Course de canots à rame à Monaco est un texte ramé depuis la revue « La Gazette de l’eau » du 9 septembre 1858.