Il fait froid à Nice est une histoire humoristique qui rappelle que le temps peut être versatile au mois de janvier.
» Brrrrr…
Que la peste soit des réclames de journaux ! J’ai été assez bête pour m’y fier, et je reviens avec une bronchite soignée, compliquée de pleurésie.
J’en mourrai, c’est bien fait. Je n’aurai pas dû aller à Nice !
J’aurais mieux fait de rester tranquillement au coin de mon feu. Ah ! le coin du feu ! parlez-moi de ça ! c’est là qu’il fait bon !
Tandis que là-bas, à Nice !…
Parlons d’abord du climat, puisque le climat a fait la réputation de ces parages.
Il n’y a pas à dire, le climat est charmant, — au premier abord.
On arrive ; il fait du soleil. Toilettes claires, costumes de printemps.
Nous sommes loin de Paris.
On est tellement content que, le bain pris, on sort muni d’un parasol et d étoffes légères vêtu.
Pour peu qu’on marche un peu vite, on est en sueur. N’est-ce pas charmant cela, en plein mois de janvier, alors qu’à Paris il y a de la neige partout et des tas de degrés au-dessous de zéro ?
Et puis tout à coup, crac !
Un petit vent arrive, qui grandit, qui pince, qui cingle. Brrr ! La transpiration s’arréte, les poumons se serrent.
On enfile le pardessus d’été d’abord, puis on met un foulard, puis un mouchoir par-dessus le foulard. Puis on rentre chercher un pardessus plus chaud.
On veut ressortir. Impossible ! Il pleut ! il neige ! il vente ! On a froid !
Il y avait vingt degrés au- dessus de zéro : le mercure a fait une chute énorme! Ce sont nos pauvres poitrines qui paient les différences.
Et le maître d’hôtel vous dit :
— Monsieur a vraiment de la chance ! II lui est donné de voir un spectacle inouï : il fait froid à Nice ! «
Il fait froid à Nice est un texte réchauffé depuis le journal « Comic-finance » du 27 janvier 1881.
