Nice n’est plus un port franc

par JMS
Nice n'est plus un port franc

Nice n’est plus un port franc est un article qui revient sur la suppression de ce privilège douanier.

 » Les révolutions de 1848 ont ébranlé toute l’Europe, et ses effets se sont fait sentir à Nice comme ailleurs, et même tout particulièrement à Nice.

En effet, à partir de 1848, l’Etat sarde, dans lequel Nice avait été incorporée depuis 1815, a changé complètement de caractère.

C’était jusqu’alors un état semi-féodal, un gouvernement paternaliste.

A partir de 1848, ce gouvernement s’est orienté décidément dans un sens tout différent, un sens nationaliste, il s’est italianisé, et il est devenu un état italien.

De là, pour les Niçois, qui étaient, comme ils le sont encore, très attachés à leur petite patrie, et de qui les regards, pour toutes sortes de raisons — raisons sentimentales, raisons économiques aussi — étaient tournés vers la France, de là, pour eux, une sorte de sentiment de gêne et de malaise.

Quelle figure feraient-ils dans cet état qui s’italianisait, eux qui n’étaient pas des Italiens ?

Ils ne pouvait faire figure que de parents pauvres, et le gouvernement sarde le leur fit sentir, d’une manière qu’on peut qualifier de brutale.

Une loi, en effet, portant réforme des règlements douaniers du royaume, loi dont l’initiateur fut Cavour, lequel était devenu premier ministre du gouvernement sarde, a supprimé d’un trait de plume le privilège du port franc auquel les Niçois étaient très attachés et qui remontait à l’année 1612.

Or, ce statut de port franc qui avait assuré la prospérité, non seulement du port de Nice, mais, en grande partie, de la ville.

Cette suppression a été, pour les Niçois, un coup très dur. ils y ont vu la ruine de leur port ; en second lieu, ils y ont vu aussi la menace d’une élévation très sensible du coût de la vie, par suite de la suppression des franchises qui leur avaient été accordées ; et puis, en troisième lieu, ils y ont vu surtout une grave humiliation.

Ils ont senti qu’ils étaient sacrifiés à la rivale de Nice, à Gênes, qui, annexée à la Sardaigne en 1815, prenait la première place au banquet de la nation, alors que la pauvre Nice était reléguée dans un coin du ménage. »

Nice n’est plus un port franc est un texte dédouané depuis les « Annales du Centre universitaire méditerranéen » de 1952.

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