Ouverture du chemin de fer de Nice à Monaco est un article qui rappelle l’importance des travaux accomplis pour faire passer le train sur un terrain compliqué.
» L’ouverture du chemin de fer de Nice à Monaco est un événement important, non pas seulement par la raison que le railway va mettre Nice à une demi-heure de Monaco, mais pour des motifs plus sérieux d’intérêts internationaux et parce que la voie de fer rapproche de plus en plus la Francedel’ltalie, au cœur de laquelle ellese soudera complètement avant peu de temps.
La nouvelle section n’a exactement que 15 kilomètres 1/2; mais nulle part, certainement, il n’est donné de voir, dans un si étroit espace, accumulés autant d’enchantements, de féeries, de défis et de rébellions de la nature, et autant d’oeuvres qui par leur cachet de grandeur, leur beauté et leur audace attestent plus fièrement la puissance de l’homme pour dompter la matière révoltée et son génie à l’assouplir à sa volonté.
Sur cette distance de moins de 16 kilomètres on a dû percer onze tunnels plus ou moins considérables. Celui de Villefranche mesure 1.500 mètres, et leur étendue totale est de 4.470 mètres établis dans des roches calcaires très-dures, et ayant nécessité l’emploi de la poudre.
Outre ces travaux considérables, d’autres non moins importants ont dû être exécutés aux portes et entre chaque tunnel pour soutenir les chaussées, s’élevant de 12 à 25 mètres au-dessus de la mer.
Des murs de soutènement également considérables ont dû être construits sur divers points, entre autres à Villefranche, à Eze, à Isoletta, à la Gardia, aux Pissarelles, à Rogneux, à la Batterie et à Fonvieille.
Pour donner une idée de ces œuvres, il suffira d’indiquer que pour les travaux de soutènement de Villefranche seulement, on a exécuté 3.500 mètres cubes de maçonnerie.
De nombreux ponts donnent passage par dessus et par dessous le chemin de fer, de fréquents aqueducs pour l’écoulement des eaux ont été construits partout où le service public l’exigeait.
Parmi les travaux les plus remarquables de ce genre, nous citerons le pont métallique jeté sur le Paillon, dans la traverse de Nice : ce pont se compose de deux travées latérales pour le passage des routes et de trois grandes travées métalliques de 31 mètres d’ouverture chacune.
La Compagnie du chemin a jugé avec raison que dans un pays aussi ravissant et aussi admirablement privilégié entre tous par Dieu, il fallait sur la ligne parcourue établir de nouveaux points d’arrêt pour les voyageurs, les touristes et les étrangers qui viennent, l’hiver, réclamer les faveurs de ce ciel si radieux et si clément.
Aussi a-t-elle établi trois arrêts sur ces 15 kilomètres 1/2 : un à Villefranche, un à Beaulieu, un au pied de la montagne d’Eze. »
Ouverture du chemin de fer de Nice à Monaco est un texte tracé à partir de le revue « La Gazette de l’eau » du 2 janvier 1868.