Hommage à un poète niçois est un histoire qui évoque un poème humoristique de Rosalinde Rancher.
» Une dispute ridicule entre les marguilliers et les sacristains de la cathédrale de Nice, à l’occasion de l’administration de leurs revenus, fût à l’origine poème niçard en sept chants.
C était peu de chose que cette dispute ; mais la Nice d’alors, en 1823, petite ville de 25.000 habitants, n offrait pas les distractions qu’on y trouve de nos jours.
L’auteur modeste sous-secrétaire au tribunal de commerce, s’empara de la mince anecdote, y trouva un prétexte à railler quelques-uns de ses compatriotes et composa un poème qui a une saveur très locale.
Ainsi naquit, sous la plume de Rosalinde Rancher, la Némaïde ou Le Triomphe des Sacristains.
La vieille ville y revit, son allure grouillante, ses rues étroites, ses odeurs de cuisine à l’huile, ses caves obscures où les Niçois viennent déguster le vin de Bellet en mangeant la socca et la pissaladière.
Une des pages les plus pittoresques du poème est la description du traditionnel festin de Cimiez, bien garni de corbeilles d’échaudés. avec ses danses paysannes et ses groupes de banqueteurs formés sous les oliviers.
Rancher a représenté avec une verve réelle l’image de la vie niçoise, sous le buon governo un peu terne et réactionnaire du roi de Sardaigne. Charles-Félix.
Cette administration n’était, du reste, ni bien méchante ni bien susceptible. puisqu’elle donna son imprimatur à la Némaïde.
Le centenaire de la Némaïde a été célébré à Nice par l’inauguration d’un buste discret sur la façade de la maison où mourut le poète, le 11 juillet 1843, en plein cœur de la vieille ville. »
Hommage à un poète niçois est un texte trouvé dans le journal « Dimanche illustré » du 6 janvier 1924.