Les vieilles dames de la Côte d’Azur est un récit iconoclaste sur le maquillage à la truelle.
» La Riviera française est la patrie imméritée des vieilles dames.
Nulle part vous ne rencontrerez pareille collection de jeunes centenaires et d’autruches pavoisées.
Certains matins soleilleux de la Promenade des Anglais valent les fresques d’Orcagna au Campo Santo de Pise.
Pas besoin d’aller en Italie, vous avez ici le même ciel et les mêmes ostéologies recrépites à neuf, retapées et fardées.
Le climat les prolonge, mais notre œil en souffre.
Et certains soirs, à l’Opéra de Nice donc, il y a des entr’actes où la salle apparaît macabre avec tous ces siècles dans les loges entassés.
C’est à croire qu’on ne ferme pas les cimetières la nuit, et que ies macchabées s’en échappent.
Et le maquillage de ces belles ancestrales ! Il y en a de si blêmes sous leurs bouclettes blondes qu’on les croirait poudrées avec de la raclure d’ossements; mais leurs modes sont si charmantes et leurs diamants d’une eau ni pure qn’ii faut bien leur pardonner.
Toutes, du reste, sont nobles : baronnes, vicomtesses et marquises.
Enfin, paraît-il !
O Riviera, Riviera, paradis bleu des rastaqouères et des déséquilibrés, les faux nez y fleurissent encore plus que le mimosa.
Les faux nez et les faux titres ! Cela nous vient en traversant le Var, ce Rubicon des Alpes-Maritimes. »
Les vieilles dames de la Côte d’Azur est un texte rattrapé depuis le livre « Le crime des riches » de Jean Lorrain, édité en 1928.