Visite du château de Montboron à Nice est un récit qui permet d’entrer dans cette villa emblématique du passé de la Riviera.
» Une des plus remarquables curiosités de Nice est le château de Montboron.
C’est un véritable musée et, quand on l’a visité une fois, on comprend facilement que son propriétaire, le consul général d Autriche-Hongrie, le comte Gurowsky de Vezèle, préfère ce séjour à celui de la ville.
Ce château, qui domine l’est de Nice, à une altitude de 150 mètres, fut bâti sur des rochers par un colonel anglais. M. Smith, qui voulut reproduire exactement le plan d’un temple indien avec toutes ses dépendances, ses grottes, tours, corridors, souterrains, bosquets, etc.
Visitons le château : Après avoir suivi une allée d’antiques colonnes de marbre, qui forment une haie dans le jardin, on pénètre dans un vestibule qui attire de suite l’attention du visiteur par la richesse de ses sculptures !
De ce vestibule on descend par un escalier de quatre cents marches dans les salles du souterrain, où l’on donnait autrefois de grandes fêtes tout à fait d ans la mode indienne.
Il y a là des fenêtres en cristal où les vagues viennent chanter leur éternelle mélodie, si bien qu’on a l’impression de se trouver sur un bateau.
Nous remontons au rez-de-chaussée pour visiter deux petites, mais belles salles à manger ornées de statues et de tableaux de grande valeur. A remarquer surtout une madone de Sarty. Les fenêtres grillées sont entourées de branches de myrthes et de lierre, ce qui est d’un effet charmant.
Les salons de réception et les chambres privées se trouvent au premier et entourent le plus grand salon, à la manière des cellules d’abeille.
Vient ensuite un gracieux petit salon où la comtesse Gurowska travaille ; un autre salon, où l’on sert généralement le thé et qui est orné d’un grand portrait de S. M. l’Empereur d’Autriche.
La fin de cette enfilade de pièces est un fumoir octogone, d’où l’on peut sortir sur une terrasse pour respirer à pleins poumons la brise de la mer.
Tout le reste du château de l’Anglais excepté le côté Nord, est entouré de jolies loggias et de créneaux qui lui donnent un aspect bizarre.
De ces galeries on jouit d’une vue si belle que les étrangers payeraient avec plaisir une entrée pour contempler ce panorama sans rival.
Après ce superbe spectacle de la nature, on s’étonne de nouveau, en retournant aux salons, à la vue de tant de chefs-d’œuvre qui, de haut en bas, remplissent le château.
En effet, plus de 250 grandes sculptures, quelques centaines de petites et 50 tableaux des anciens maîtres italiens, sont réunis dans cette collection. »
Visite du château de Montboron à Nice est un texte extrait du journal « La Semaine niçoise » du 4 mars 1899.