Accident de diligence près de Touët-de-l’Escarène est un récit qui raconte une grave sortie de route.
» Vendredi dernier, vers six heures du soir, non loin du village de Touët-de-l’Escarène, le courrier, venant de Coni , descendait à grande vitesse la rampe du col de Braus lorsque le conducteur, voyant que ses chevaux ne pouvaient plus retenir le poids de la diligence, quitta son siège pour mettre le sabot : un choc se produisit alors , et voiture, et chevaux, et voyageurs furent lancés à 12 ou 15 pieds de profondeur dans le ravin qui borde la route.
Là un énorme olivier fut broyé.
La voiture , arrêtée une seconde par cet obstacle, fit deux rapides tours sur elle-même, et allait inévitablement être précipitée au fond du ravin qui, en cet endroit , n’a pas moins de 150 mètres de profondeur, si elle n’eût rencontré d’autres arbres , dont le tronc énorme soutint le choc et la maintint solidement dans cette position vertigineuse.
Sur les douze voyageurs qui se trouvaient dans la diligence, trois ont reçu des contusions sans gravité ; une dame a été assez grièvement blessée au front ; un nourrisson de trois mois , fortement froissé, est mort , dit-on, le lendemain.
Les chevaux n’ont éprouvé aucun mal.
A l’endroit où le premier olivier fut brisé, la portière du coupé s’ouvrit par le choc, et l’unique voyageur qui en occupait le compartiment fut lancé dehors, mais heureusement assez loin pour n’être même pas atteint par les débirs de l’arbre. Aussi , après un léger étourdissement, s’est-il relevé sain et sauf, mais glacé d’effroi en voyant ses compagnons de route lancés dans le gouffre.
De prompts secours arrivèrent de Touët et de l’Escarène, où la nouvelle de l’accident était bientôt parvenue.
Les voyageurs furent conduits dans cette dernière commune , où les soins les plus empressés leur furent prodigués.
Quant à la diligence, on fut obligé de démonter pièce à pièce ce qu’elle n’avait pas de brisé, et le tout put être remonté sur la route, à l’aide de fortes cordes. »
Accident de diligence près de Touët-de-l’Escarène est un texte trouvé dans le journal « Le Courrier du Gard » du 10 juillet 1867.