Sur l’étang des Pesquiers à Hyères

par JMS
Sur l'étang des Pesquiers à Hyères

Sur l’étang des Pesquiers à Hyères est un récit qui rappelle la création des Salins-Neufs.

 » Voici l’Almanarre et sa petite gare esseulée parmi les dunes arides, et qui regarde le prestigieux décor du golfe de Giens.

Là, commence ce curieux paysage péninsulaire, où deux longs cordons littoraux relient aux terres continentales la barre montueuse de la presqu’île lointaine de Giens.

Entre les lidi sablonneux, l’étang des Pesquiers étale ses eaux basses.

Toute la partie haute de l’étang des Pesquiers, entre les deux bras sablonneux, a été divisée en de nombreux partènements,comme les cases multiples d’un immense damier.

Ce sont les marais salants des Salins-Neufs, par opposition aux Vieux-Salins, situés plus dans l’Est, au fond du golfe d’Hyères.

Et alors que ceux-ci existent depuis un temps immémorial, la création de ceux-là ne remonte qu’à 1847, et c’est M. Emile Gérard qui en fut le fondateur.

M. Charles Gérard continua et développa son oeuvre, et ils sont aujourd’hui, ainsi que les Salins des Ambiers, près du Brusc, propriété de la Société des Salins et Pêcheries d’Hvères.

Sur le cordon littoral de l’Est, vers le milieu de la route qui conduit à Giens et que coupe le canal de Gras, au lieu dit La Capte, un tout un petit village salicole s’est formé.

Là, la maison de douane; là, la coquette habitation de l’Agence, avec leur esplanade plantée de trembles et d’eucalyptus.

Une jolie chapelle, sur le côté, s’encadre rustiquement de magnifiques pins parasols ; des logements ouvriers se disséminent le long du canal, tandis que magasins, ateliers, moulin, dépendances diverses se groupent sur les bords de la roubine de l’étang.

Au delà, sous le couvert de la pinède ombreuse, c’est toute une foule de cabanons populaires, édifiant à la bonne franquette, dans un côte à côte joyeux et pittoresque, leurs fragiles cloisons de briques ou de planches; et la vie estivale exhubère là, simple et familière.

Mais, en ce mois de septembre, le travail bat son plein dans les marais-salants ; car c’est la grande époque du salange.

La récolte a commencé depuis la mi-août, lorsque l’eau de mer, amenée en juin dans les tables salantes, a accompli son lent travail de cristallisation, en évaporant le liquide en excès, sous l’influence du vent et de la chaleur solaire. »

Sur l’étang des Pesquiers à Hyères est un texte évaporé depuis la revue « Le Var illustré » du 1er octobre 1921.

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