Transfert de Saint-Cyr à Nice est une histoire qui évoque cette célèbre actrice du cinéma français.
» La jolie vedette de cinéma Renée Saint-Cyr revient de Londres. Elle tourne actuellement dans Prison de femmes, un film de Francis Carco.
Sous le soleil du Midi
Elle s’apprête à repartir pour la Côte d’Azur, où elle est née, car Renée Saint-Cyr a vu le jour à Beausoleil : la jolie petite localité qui se dresse sur la frontière de la principauté monégasque.
Elle est la fille d’une mère italienne et d’un père français ; mais elle fut élevée par un oncle et une tante qui l’emmenèrent, à bord de leur petit yacht Joséphine, faire des croisières merveilleuses.
Elle fut élevée ainsi avec deux moussaillons qui s’occupaient d’elle, et des trois, ce fut elle le vrai garçon.
Pour qu’elle ne franchisse pas le bord, on l’attachait par une longue corde au mât principal, « exactement, comme un petit singe », dit-elle.
Quand vint le moment d’entrer à l’école, elle se montra une élève appliquée, quoique indisciplinée ; les élèves et les professeurs l’avaient surnommée capitaine, parce qu’en récréation comme en classe elle menait tout le monde.
C’est ainsi qu’elle entra au conservatoire à Marseille où elle travailla le solfège ; elle écrivit une revue où elle joua le rôle de commère.
Ce furent là ses débuts au théâtre.
Actrice par hasard
A Nice, où elle vivait, elle mena une vie brillante et facile ; puis elle tâta du commerce et, un jour, comme un photographe lui disait : « Pourquoi ne faites-vous pas du cinéma ?», elle se laissa tenter.
Et elle fut engagée pour tourner dans les Deux orphelines et depuis les films s’enchaînent.
Le rôle qu’elle joue dans Prison de femmes la ravit, parce que, là, elle a pu donner toute sa mesure.
Elle nous revient en s’arrêtant à Paris, mais parions qu’elle va nous quitter bien vite pour retourner à son Midi, à son soleil, à sa mer toujours bleue dont elle ne peut se passer.
Car cette fille équilibrée et charmante, pleine de mesure, est, comme je vous l’ai dit, une Niçoise. »
Transfert de Saint-Cyr à nice est un texte déclamé depuis la revue « Ciné-miroir » du 17 juin 1938.