La Liberté rejoint Toulon est une histoire qui raconte le renflouement d’un cuirassé de la Marine nationale.
» Les travaux entremis pour renflouer l’épave du cuirassé Liberté à l’endroit où il avait coulé le 11 septembre 1911, après la terrible explosion de ses soutes à poudre, qui coûta la vie à quatre cents hommes, sont aujourd’hui assez avancés pour que l’on puisse espérer pouvoir conduire aujourd’hui la Liberté dans le bassin de radoub du port militaire de Toulon.
L’épave flotte à son niveau normal.
Elle a été rapprochée du vieux croiseur Latouche-Tréville qui jusqu’ici a servi d’atelier pour le personnel occupé au renflouement du cuirassé sinistré.
La Liberté et le Latouche-Tréville, liés ensemble, seront pris en remorque par un puissant vapeur.
Ainsi, durant le trajet, la fourniture par l’ex-croiseur de l’air comprimé nécessaire à l’allégement de l’épave restera ininterrompue.
Le trajet à effectuer est de quinze cents mètres environ. On estime qu’en raison des manœuvres prudentes qui s’imposent, l’opération du transfert durera quatre ou cinq heures, si la situation atmosphérique reste favorable.
Ce renflouement était une entreprise délicate.
Le navire avait coulé devant les Mouisséques, non loin des ateliers, forges et chantiers de la Seyne-sur-Mer, dans la rade de l’Eguillette, en grande rade de Toulon.
L’emplacement était profondément vaseux ; il offrit tout de suite au navire sinistré un lit où il s’enfonça de plus en plus, pendant la période longue de dix années qui sépara la date de la catastrophe de la première tentative de renflouement.
Les travaux subirent donc nombre de péripéties ; ils aboutissent, après de laborieux et intelligents efforts de la part de ceux qui y ont coopéré sous la direction de l’ingénieur Faure. »
La Liberté rejoint Toulon est un texte repêché dans le journal « Midi colonial » du 19 février 1925.