La villa orpheline au Cap Martin

par JMS
La villa orpheline au Cap Martin

La villa orpheline au Cap Martin est un récit qui décrit cette belle propriété si appréciée par l’Impératrice Eugénie.

 » Un décor virgilien, au coeur de ce Cap Martin qui évoque si intensément Capri avec ses allées sauvages dardées de cactus et ses jardins aux essences rares.

Dans ce véritable eden que la main de l’homme n’a pas encore trop abimé; l’impératrice Eugénie, vient de. mourir, avait trouvé une. retraite pour pouvoir, loin des hommes, abriter ses souvenirs.

Simple d’aspect, la villa Cymos possédait tout de même un luxe d’art bien fait pour emprisonner les visiteurs quL avaient eu la bonne fortune de pénétrer dons cette demeure.

L’allée sablée parcourue, c’était un premier salon au mobilier de style Louis XVI.

Devant la haute fenêtre par laquelle entrait tout le bleu du large était .placée la table de travail de l’Impêrairice, une grande table aux cuivres finement ciselés.

Au milieu, se. trouvait un portrait du prince impérial, celui-là même dont Carpeaux a immortalisé l’élégance et l’extraordinaire finesse.

Dans un second salon, aussi luxueusement meublé que le premier avec des sièges en satin blèu de ciel, de la même couleur que les tentures, on pouvait voir une photographie du roi de Rome d’après le tableau de Gérard.

On passait, ensuite, à.la salle à manger, très simple, ornée de deux paysages, l’un de Trouillebert aussi lumineux qu’un Corot, et d’un splendide buste en marbre de Napoléon Premier.

On pouvait voir aussi dans cette pièce que la souveraine déchue affectionnait tout particulièrement un tableau de Hersent oû l’artiste a représenté un groupe de soldats français traversant lé Rhin sur une barque

Des personnes qui approchèrent t ‘Impératrice Eugénie nous ont dit que, souvent, le soir, elle s’attardait, seule, à regarder longuement cette scène militaire qui devait lui rappeler tant de douloureux souvenirs.

Mais , à ces pièces de luxe, celle qui vient de disparaître préférait le jardin, le parc sauvage, hirsute, avec ses allées étouffées sous les roses où elle aimait â promener devant le golfe de turguoise son incurable mélancolie. »

La villa orpheline au Cap Martin est un texte débusqué dans le journal « L’Intransigeant » du 17 juillet 1920.

AUTRES ARTICLES

error: Le contenu est protégé