Le château de la Moutte à St-Tropez

par JMS
Le château de la Moutte à St-Tropez

Le château de la Moutte à St-Tropez raconte l’installation de l’homme politique français Emile Ollivier dans ce village…pour son calme.

Trouver le calme à St-Tropez

” Ce ne sont pas les souvenirs d’enfance qui m’ont conduit dans ce pays.


J’ai choisi Saint-Tropez, où l’on arrivait alors en dix heures de voiture, pour me dérober alors aux importunités de la vie publique.


Je ne cherchais que le calme, j’ai trouvé l’enchantement.


La petite ville est assise sur la gauche d’un golfe. Au pied d’une citadelle abandonnée, blanche comme une kasbah de l’Orient. Elle regarde le couchant qui l’illumine, tantôt des reflets vermeils des horizons limpides, tantôt des couleurs violentes du ciel de la tempête.


A l’une des extrémités de Saint-Tropez, s’ouvre une vallée riante, ni trop large, ni trop resserrée qui, après avoir longé la baie des Canoubiers, finit sur la pleine mer.


La Moutte est sur ce rivage.

Vie de château tranquille à St-Tropez


La maison, d’un étage, avec des tourelles couronnées par une balustrade à l’italienne, est entourée de beaux eucalyptus, de dattiers d’où pendent les blonds régimes, et sous lesquels se dorent les fruits de l’oranger.


La mer est là, entre les falaises du cap de Camarat et les monts de porphyre de l’Esterel, au-dessus desquels brillent les neiges des Alpes.


Dans cette solitude que le souffle des foules n’a pas encore fanée, je puis croire que cette mer m’appartient, qu’elle me réserve ses caresses et ses splendeurs.


Autrefois, je partais de cet asile pour la lutte.


Puis, j’y suis revenu pour le repos dans le travail; on m’y portera aussi pour le repos dans la mort.


J’ai d’ailleurs marqué la double inspiration d’ardeur et de stoïcisme que j’y ai trouvée. En effet, il est inscrit sur la porte de la modeste demeure :

Certa viriliter, sustine patienter.”

Cette locution latine se traduit par :

Combats vaillament,supporte patiemment.

Le château de la Moutte à St-Tropez est un extrait d’un texte rédigé le 9 mars 1884 par Emile Ollivier. Il figurait dans un supplément du journal “Le Figaro”.

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