Les bains à Monaco est le huitième épisode du feuilleton « Le guide du voyageur sur la Côte d’Azur ».
» Nous contemplons d’abord Monaco, ville forte de la plus haute antiquité et capitale de la principauté de Monaco.
C’est une ville âpre et sévère bâtie sur un rocher inaccessible. Cette vénérable cité qui a soutenu les sièges les plus acharnés semble narguer encore, non seulement les hommes et, les armées, mais les éléments, du haut de son nid d’aigles inviolé.
Trois canons et quarante-quatre boulets défendent l’entrée du château fort. Cette redoutable artillerie achetée à l’arsenal du Bazar de l’Hôtel de Ville ne laisse pas que d’impressionner vivement, les âmes timides et les cœurs mal trempés.
Malgré la beauté farouche de Monaco, on doit reconnaître que ce n’est pas l’endroit de la principauté le plus fréquenté par le high life. La petite ville de Monte-Carlo, tout à côté, jouit d’une vogue beaucoup plus grande.
Monte-Carlo a été créé par la Société des bains de mer de Monaco, Société, qui comme son nom l’indique a pour but d’exhorter les gens à prendre des bains de mer.
Afin de remplir son noble but, cette Société a édifié un magnifique Casino orné de peintures murales de la plus haute valeur et a chargé M. Raoul Gunsbourg de faire des opéras.
Le résultat a été merveilleux et l’on voit tous les ans, en plein mois d’avril, au moment des régates, deux ou trois intrépides gaillards prendre un bain de mer dans la baie de Monte-Carlo.
C’est, il faut l’avouer, un bain forcé, mais le résultat n’en est pas moins probant. Ces intrépides gaillards sont des pilotes de canots automobiles.
Le meilleur moyen de prendre un bain de mer est, en effet, de monter à bord d’un canot automobile, avant d’aller se faire rincer au Casino. »
Les bains à Monaco a une suite intitulée « Martingale pour le Casino de Monaco ».