Nice et la Charte de 1176

par JMS
Nice et la Charte de 1176

Nice et la Charte de 1176 est un article qui évoque cet acte fondateur pour la cité.

 » A Nice, l’émergence d’une bourgeoisie urbaine désireuse d’exister politiquement conduit à la mise en place dès les années 1140 d’un consulat gouverné par des familles de notables, sur le modèle des cités italiennes.

En juin 1176, lors d’une cérémonie très codifiée dérivée d’un rituel d’entrée princière (l’adventus impérial de l’Antiquité tardive), la communauté des Niçois et ses représentants sortent des murs de la ville pour accueillir leur seigneur, le roi Alphonse d’Aragon, également comte de Provence.

Puis, les consuls font, par une charte, confirmer les privilèges de la communauté que le prince jure de respecter avant de recevoir les serments de ses sujets et d’entrer triomphalement dans la cité.

Rédigée en latin et structurée selon les usages médiévaux, cette charte est conservée sous forme de « chirographe », à la fois un support d’écriture et un dispositif de validation, fondé sur la matérialité même du document – garantissant ainsi son authenticité.

Le texte est rédigé en double exemplaire sur un seul et même parchemin. Entre les deux copies, on inscrit un mot ou une formule (ici, un alphabet ondulé) traversant cette inscription.

Chaque signataire conserve une copie du texte et une moitié du mot repère. En cas de litige, on peut rapprocher les deux fragments : la concordance parfaite de la découpe et de l’inscription atteste alors l’authenticité du document.

Ce document, le plus ancien conservé aux Archives municipales de Nice, marque une étape décisive : il reconnait officiellement la capacité des Niçois de s’administrer collectivement.

Les consuls gèrent les affaires de la cité (économie, justice civile) tandis que le comte conserve ses droits seigneuriaux, notamment l’obligation militaire – la cavalcade – de protéger ses sujets. »

Nice et la Charte de 1176 est un texte découvert à l’occasion de l’exposition « Ecrire la ville : 850 ans d’archives et de mémoires urbaines », tenue aux Archives Municipales de Nice en 2026/2027.


Le plus : par cette Charte, le comte de Provence confirme aux Niçois leur consulat avec pleine juridiction, civile et criminelle, et pouvoir d’élire librement les consuls, moyennant …le versement de 25.000 sous gênois, le paiement annuel de 2.000 sous d’albergue et la forniture pour la cavalcade de 100 hommes entre Var et Siagne et de 50 de Siagne au Rhône.

AUTRES ARTICLES

error: Le contenu est protégé