Sérénade à Six-Fours rappelle comment on se mariait dans le village dans l’ancien temps.
» Il fût établi par les consuls que les enfants de Six-Fours ne pourraient se marier qu’entr’eux et cela dans le but de ne pas voir dégénérer la belle race de nos ancêtres.
Cet arrêté consulaire a survécu jusqu’à nos jours sous la forme des deux adages provençaux qui suivent :
« De bon plan, plante ta vigne De bonne race marie ta fille ».
« Marie-toi dans ton pays, dans ta rue si tu le peux ».
Et c’était une scène vraiment charmante que celle des fiançailles de deux jeunes gens !
Lorsque dans une famille se trouvait une fille nubile, ses parents faisaient pratiquer une ouverture en forme de niche dans le mur de leur maison. Puis, la veille des fêtes, ils y plaçaient avec un gâteau nommé « fougasso », une bouteille de vin cuit et une cruche d’eau.
Et le soir, c’était un défilé de jeunes gens qui, en venant jouer la sérénade sous les fenêtres de la belle, mangeaient et buvaient à sa santé et à celle de ses parents.
Si, parmi ces jeunes gens, il s’en trouvait un avec l’intention de demander la main de cette demoiselle, il déposait dans la niche un foulard avec son nom écrit.
Le soir suivant, le prétendant venait chercher une réponse et si le foulard, avait disparu, le mariage était accordé. »
Sérénade à Six-Fours est un texte trouvé dans la revue « Le Var illustré » du 1er août 1921.