Vin et sardines au Cros-de-Cagnes est un article qui décrit la vie simple des pêcheurs de ce lieu.
» Le soir, au Cros-de-Cagnes, au coucher du soleil, tandis qu’il dore les flots et teint de pourpre les Alpes lointaines, les pêcheurs sautent d’un bond léger dans leurs barques lancées du rivage dans l’eau jaillissante, passent la nuit en mer, jetant et retirant successivement leurs filets.
Puis, à l’aube, les voici revenir.
Les barques sont remontées à terre, la pêche est débarquée, les filets se déroulent au soleil qui les aura bientôt séchés.
Chacun s’en vient dans sa case déjeuner avec du poisson, car il est rare que la pêche ne suffise pas au moins aux besoins du jour.
De toutes parts, sur la grève, s’allument des feux de copeaux, où les sardines se grillent dans la fumée.
On les mange à demi-cuites. et au besoin, sans pain. car le pain coûte de l’argent, et à tout prendre, quand on a du poisson, il vaut mieux acheter du vin que du pain.
Si l’on est ivre en sortant de table, qu’importe ?
— Nous, pécheurs, qu’avons-nous a faire jusqu’à ce soir ? dormir. Nos filets sont-ils endommagés, eh bien! nos femmes les raccommoderont. »
Vin et sardines au Cros-de-Cagnes est un texte issu d’un feuilleton intitulé « Les pêcheurs du Cros-de-Cagnes », publé dans le journal « Affiches de Strasbourg » du 6 janvier 1849.