Tristesse du Vieux-Nice est une histoire qui raconte la misère régnant dans ce quartier populaire de la ville.
» Le Vieux-Nice tient du ghetto romain, avec ses loques pendantes, son horrible odeur de friture à l’huile, et du faubourg de Triana, à Séville, par l’étrange composition du peuple qui l’habite.
Visages bistrés, femmes sordides aux jupes effilochées, aux chevelures superbes relevées en torsades opulentes.
Enfants nus, déguenillés, pareils au sublime pouilleux de Murillo, se vautrant dans les flaques boueuses des rues avec les chiens et les porcs.
Tout cela naît, vit, grouille, se marie, produit pullule, se hait, s’aime et meurt entre les hautes demeures sombres qui leur servent d’abris pendant la nuit.
Etroits corridors malsains où l’humidité demeure, où le sirocco s’engouffre brûlant, royaume des fièvres, cour des miracles où fourmillent toutes les laideurs, toutes les pauvretés, toutes les misères et au-dessus de laquelle brille pourtant, comme un auguste pavillon couleur d’espérance, un pan du beau ciel bleu du Midi. »
Tristesse du Vieux-Nice est un texte extrait du journal « Le Figaro » du 21 juillet 1878.