Courses à Nice est un récit qui raconte une journée passée sur l’hippodrome au bord du Var.
» Nice sort de sa léthargie malgré quatre jours consécutifs d’une pluie incessante qui rend ce pays tout à fait impossible.
Nice sans soleil n’est pas admissible. Malgré cela, les courses hippiques débutent.
Au premier rayon de soleil, tous les fiacres ont mis des grelots ; on n’entend dans toute la ville que des claquements de fouet, des galopages de chevaux et des cris joyeux.
La route de l’Hippodrome est adorable ; encaissée entre deux haies d’ajoncs, elle est battue, du côté gauche, par le flot court et régulier de la Méditerranée, et, du côté droit, on voit dans un horizon tout ensoleillé se détacher les hautes montagnes de l’Estérel, aux cimes blanches de neige.
L’Hippodrome est en assez mauvais état, et les chevaux risquent fort de s’enfoncer jusqu’aux genoux. Peu importe, on courra tout de même; le public s’abritera comme il pourra, le vent ayant fait sauter les quatres planches dont se composaient les tribunes.
Nécessairement, il est arrivé beaucoup de monde ; peut-être point la fine fleur du Faubourg, mais de ce monde des courses qui tripote, crie, hurle, joue, mange et boit bruyamment, avec accompagnement de haridelles qui galopent.
Comme chaque année, le sport y est peu intéressant : un tout petit nombre de chevaux prennent part à la lutte qui n’est amusante que par les nombreuses chutes causées par le terrain détrempé. »
Courses à Nice est un texte qui a galopé depuis le journal « La Vie parisienne » du 20 janvier 1883.