Sur les Terrasses de Nice est un récit qui raconte une jolie promenade le long de la mer.
« Creusé dans le rocher, au pied du parc du château de Nice, le chemin des Ponchettes voit la mer le balayer dans ses jours de grande colère.
En effet, il y règne presque toujours un vent très vif qui a fait donner à ce coin le nom pittoresque, emprunté au dialecte niçois, de rauba capeu, c’est-à-dire arrache chapeau.
Après avoir passé la pointe du rocher, au- dessous duquel est le Château, ou plutôt le jardin et le cimetière du Château, nous suivons le quai des Ponchettes, puis le quai du Midi, bordé de curieuses terrasses.
Ces terrasses sont au nombre de deux, parallèles entre elles et parallèles à la mer, séparées par une sorte de cour appelée Cité du Parc, celle du côté nord est la plus ancienne, elle a été construite de 1750 à 1780 par une société de propriétaires.
Reliées entre elles par une sorte de pont, ces terrasses servent de toiture à de petites maisons, dont les cheminées s’élèvent comme autant de colonnes tronquées au-dessus des parapets.
Au-dessous d’une de ces terrasses est le marché aux poissons qu’il faut voir le matin alors que les marchandes discutent avec animation en leur langage expressif.
Du haut de ces terrasses, rien ne masque l’horizon du côté de la mer et l’on y peut jouir d’une vue merveilleuse.
Des terrasses, nous descendons du côté opposé à la mer, sur le cours Saleya, sur lequel, tous les matins, en hiver, a lieu le marché.
Des paysans des environs et des revendeurs apportent là des oranges, des légumes, des fruits et des fleurs. Si l’on veut faire des achats, point n’est besoin de s’embarrasser seulement d’un panier, car le marché est sillonné de jeunes italiennes de la montagne, qui, pour quelques centimes, mettent vos achats dans les balles qu’elles portent sur la tête jusqu’à domicile. »
Sur les Terrasses de Nice est un texte découvert dans le journal « Le Tout Lyon » du 10 mars 1901.