Discorde au Carnaval de Nice

par JMS
Discorde au Carnaval de Nice

Discorde au Carnaval de Nice est un nouvel épisode du feuilleton de Passion Riviera sur les Mystères du Carnaval de Nice.  

” Le soir, tandis que la foule applaudissait les illuminations de Robaudi et que le Roi Carnaval III rendait le dernier soupir dans un tourbillon de flammes, les organisateurs du char des Ratapignata se réunissaient au café Delerba — plus tard le Café de la Victoire — pour protester contre le verdict partial du Comité des Fêtes.

Le jury du Carnaval contesté

De nombreuses personnalités de notre ville s’étaient jointes à eux, y compris plusieurs membres du Comité des Fêtes qui, très divisé sur l’attribution du premier prix des chars, ne s’était prononcé en faveur de « Catherine Ségurane » que par trois voix de majorité.

L’assemblée très nombreuse approuva l’attitude des organisateurs du char des « Ratapignata » dont la valeur avait été, proclama-t-on, méconnue par esprit de parti.

La décision fut prise sur-le-champ de Ieur offrir une bannière d’honneur qui serait acquise par voie de souscription publique et qui constituerait un prix de l’opinion publique.

L’idée, connue dès le lendemain par la voie des journaux, fit boule de neige.

La colonie étrangère s’y associa avec empressement, si bien que le mouvement, à la tête duquel se plaça le vicomte Vigier, prit une ampleur inattendue.

La liste des souscriptions fut déposée chez M. Faissole, miroitier, rue Saint-François-de-Paule, en face l’Opéra.

En peu de temps, elle recueillit quinze mille francs.

Une bannière pour Catherine Ségurane

Une superbe bannière fut commandée à Lyon. Dès sa réception, on l’exposa dans la vitrine de M. Faissole.

Un rassemblement constant de population se maintenait, disent les journaux de l’époque, dans la rue Saint-François-de-Paule pour admirer cet objet d’art qui reproduisait le char des « Ratapignata » en une broderie d’une grande richesse.

Le reliquat de la somme, qui n’avait pas été entièrement dépensée, fut employé à l’achat de douze épingles de cravate en or massif représentant une tête de chauve-souris, les yeux sertis de rubis.

Ces épingles qui sortirent de la bijouterie Bonfante furent remises aux douze organisateurs du char par le vicomte Vigier au nom des souscripteurs. Elles avaient coûté 135 francs chacune.”

Discorde au Carnaval de Nice se poursuit avec l’épisode « Coups de poing au Carnaval de Nice » du feuilleton de Passion Riviera sur les Mystères du Carnaval de Nice.

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