Ne pas tousser à Menton

par JMS
Ne pas tousser à Menton

Ne pas tousser à Menton est une histoire qui raconte la vie quotidienne des étrangers dans la ville pendant la saison d’hiver.

 » De plus en plus nombreux, sont les hôtes de la station de Menton.

C’est une villégiature d’hiver pour vieillards, pour gens fatigués, surmenés, une étape de repos au soleil, fréquentée par une société distinguée, une société dans laquelle on ne se faufile pas sans montrer patte blanche, et d’où le rastaquouérisme et la demi-mondanité sont soigneusement bannis.

Mais, interdiction de tousser !

En effet, depuis qu’a été ouvert le sanatorium de Gorbio, il n’y a plus de tuberculeux à Menton, on n’en veut à aucun prix dans les hôtels, et c’est au point qu’il n’est pas prudent de s’enrhumer.

Aussitôt que l’on entend tousser, on s’inquiète, on s’informe, on tient des conciliabules, on va trouver l’hôtelier et l’enrhumé n’a qu’un parti à prendre, celui de boucler ses valises et d’aller tousser ailleurs.

Menton n’est plus une station de malades

Menton n’est donc pas un séjour folâtre; mais, pour ceux qui veulent la grande vie et des jouissances pimentées, Monte Carlo n’est qu’à dix minutes par le chemin de fer et est-il rien de plus délicieux, au sortir de la fournaise, que de se retrouver dans un milieu reposant, d’avoir le calme à côté de l’agitation et la vie paisible succédant presque sans transition à la vie brûlée et intense ! « 

Ne pas tousser à Menton est un texte expectoré par la « Revue du Touring-club de France » du 15 mars 1904.

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