Vol audacieux depuis Cannes-Mandelieu

par JMS
Vol audacieux depuis Cannes-Mandelieu

Vol audacieux depuis Cannes-Mandelieu est un récit qui rappelle un acte de résistance contre les occupants italiens en 1943.

Maurice Hurel est un ingénieur français de l’aéronautique qui travaille dans la zone d’occupation italienne à la mise au point d’un prototype, le SO.90, sur l’aérodrome de Cannes-Mandelieu.

Un prototype d’avion

Afin d’éviter que ce prototype, qui n’a encore jamais volé, ne tombe entre les mains des Allemands, il le fait décoller, au nez et à la barbe des occupants, sous le prétexte de réaliser des essais de roulage et de freinage.

Ce fait d’armes intervient en août 1943 et Maurice Hurel embarque avec lui trois de ses fils, des collègues ingénieurs, ainsi que le général Mollard, commandant en chef des troupes en Corse et son fils aîné.

Voici le récit de l’évènement.

 » Maurice Hurel arriva, le 16 août 1943 vers 13 h 45, à l’aérodrome de Cannes-Mandelieu et obtint facilement de la sentinelle, le seul italien à ne pas être à la cantine, à présent habituée et pensant qu’il y avait accord, que les chevaux de frise installés sur la piste soient enlevés pour recommencer l’essai précédent, cette fois en charge.

A cette heure, les chasseurs allemands basés à Marseille devaient rentrer de leur patrouille côtière.

L’avion s’ébranla, obliqua à droite pour remonter vers le nord de la piste. Le point fixe expédié à toute allure, Hurel s’aligna et mit immédiatement plein gaz, cap plein sud… pour rentrer – sans le savoir – dans l’histoire.

Une fuite vers l’Algérie

A 14 h, un prototype non terminé, avec 9 personnes à bord, transforma en effet sur le champ son deuxième essai de roulage en un véritable premier envol.

Le SO.90 se cabra au décollage et surgit au-dessus du lieutenant italien abasourdi, en train de se dorer la pilule à la plage ! Celui-ci se précipita au terrain, toujours en maillot de bain pour sanctionner ceux qui l’avaient trompé.

Il n’en eut jamais l’occasion. L’avion ne revint en effet jamais se poser, et entama une longue ligne droite de 800 km, train sorti pour éviter tout problème de ce côté, et à une faible altitude de 1 500 m pour échapper aux radars et à la chasse allemande.

Sur le terrain, de Cannes-Mandelieu, c’était la panique. Les servants de la tourelle, en pleine sieste, avaient été pris par surprise. Le lieutenant, arpentant le terrain à grands coups de pédales, ne savait plus qui menacer, entre la sentinelle implorant la Madone, les servants de la pièce et les ouvriers qui restaient.

Tout le monde fut parqué au fond du hangar, sous bonne garde. Alors seulement, l’officier pensa à alerter, avec une bonne demi-heure de retard, la chasse allemande.

A bord, il n’y avait bien sûr aucun confort, seuls Hurel et Weill disposant de sièges rudimentaires en aluminium. L’avion n’étant bien entendu pas insonorisé, il était difficile de bavarder.

Au bout de sa folle chevauchée de 3 h 10 et de 800 kms, le prototype se présenta dans la zone de Philippeville…, en Algérie, pour tenter le premier virage de sa courte vie !

Hurel découvrit avec soulagement l’aéroport aménagé par les américains américain avec une piste provisoire.

A 17 h 10 le plus audacieux et le plus rocambolesque premier vol de tous les temps se termina par un touché en douceur. »
Vol audacieux depuis Cannes-Mandelieu est un texte qui a décollé depuis la revue « Pégase » du 1er mars 2005.

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