Nice, mon coin de France

par JMS
Nice, mon coin de France

Nice, mon coin de France est un article qui reprend le poème où la poétesse Théo Martin dit son amour pour Nice et la France.


 » MON COIN DE FRANCE
I.
Je n’aime pas en toi l’opulente Cité
Où règne le plaisir, ce dieu cher à tes Hôtes,
Qui traine en tes Palais ses tares et ses fautes,
Et dont le rire aigu profane ta beauté…

Mais j’aime ton ciel bleu, ton éternel été,
Ton soleil, le contour gracieux de tes côtes,
L’impeccable dessin de tes montagnes hautes
Avançant vers la Mer leur sombre maiesté.

J’aime tes fleurs, tes fruits, et tes jardins de rêve,
Tes arbres où circule une puissante sève,
Ta glèbe qui fait croître et la vigne et le blé.

Et tu gardes pour moi l’invincible attirance
De l’humble sol natal que pleure l’exilé,
O Nice, ô mon pays, mon petit coin de France ! I
II
Sur tes bords enchantés, les flots calmes et bleus
Exhalent doucement leur chanson éternelle,
L’écume de la vague est comme une dentelle
Sur la rive qui fuit en lacets onduleux.

Le soleil a choisi pour domaine tes cieux,
Et décembre, chez nous, vient avec une ombrelle,
Nous ne connaissons pas l’adieu de l’hirondelle,
Les brumes de l’hiver n’attristent point nos yeux ;

Mais l’âme d’un printemps, dans tes brises, persiste,
Et vole au long des soirs aux teintes d’améthyste,
Parmi les parfums lourds de fiévreuses langueurs ;

Mais, des rayons de lune, aux nuits enchanteresses,
Ainsi que des regards semblent brûler nos cœurs,
Et d’invisibles mains nous portent des caresses.

III
Dans tes jardins de rêve, on dirait que les fleurs,
Par un mystérieux rendez-vous, sont écloses,
Mais, sur toutes régnant, les œillets et les roses
Surprennent par leur gamme ardente de couleurs.

En tendant leurs bras nus aux zéphirs cajoleurs
Les palmiers font de vrais décors d’apothéoses.
Et des parfums sucrés montent des lauriers-roses,
Tandis que le soleil semble verser des pleurs

Sur les mimosas d’or. Sur tes Alpes fécondes,
Où mûrissent les ceps auprès des moissons blondes,
Les larges oliviers bercent leurs rameaux gris ;

Et, des fleurs d’orangers, quand revient la cueillette,
Nos filles ont toujours, dans leurs chants et leurs ris,
Cette franche gaieté qu’aima notre Poète

IV
Amour profond et doux qui sait nous attacher
Par des liens si sûrs au sol qui nous vit naître
Qu’en les quittant, au cœur, une douleur pénètre,
Et des lambeaux de nous paraissent s’arracher!

… Amour simple que rien ne saurait entacher,
Et qui semble tenir aux fibres de notre être,
Amour de la maison où s’éteignit l’Ancêtre,
Amour noble et pieux qu’on a pour son clocher…

O Nice, cet Amour à la mystique France
Je l’éprouve pour toi, car, aux jours du grand drame,
Tu te levas, tragique, à l’appel du Pays;

Et, pour sauvegarder notre France chérie,
J’ai vu partir tes gars, des fleurs à leurs fusils,
Tandis qu’en toi battait le cœur de la Patrie !! « 

Nice, mon coin de France est un poème redécouvert grâce au peintre Yves Robuschi.

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