Prisonniers arabes à Sainte-Marguerite

par JMS
Prisonniers arabes à Sainte-Marguerite

Prisonniers arabes à Sainte-Marguerite est un récit qui rappelle le passé carcéral de cette île au large de Cannes.

” L’île Sainte-Marguerite semble au premier abord une corbeille de verdure déposée sur les eaux, placée en avant du golfe de Cannes, pour rafraîchir les vents brûlants d’Afrique et les transformer en douces brises.

Elle fait partie du groupe des îles de Lérins.

Elle en est la principale et est notamment connue pour avoir emprisonné dans son fort le Masque de fer et le maréchal Bazaine. St-Honorat sa voisine, quoiqu’infiniment moins grande, eut, au moyen-âge, une célébrité religieuse, scientifique et littéraire.

Notre journal donne, aujourd’hui, au public, la primeur d’une actualité.

L’Ile et le fort Ste-Marguerite ont le triste privilège d’être, encore aujourd’hui, une prison.

Plus de trois-cents Arabes, Kabyles et Kroumirs de Tunisie viennent d’y être transportés.

Notre dessin donne une vue du fort sur la falaise, un groupe de Kroumirs prisonniers et deux des principaux chefs.

Le premier, à gauche, est Si-Mohammed ben bel Abbasse boche Addel, en burnous blanc, un marabout, un savant. Sa science, comme celle de la plupart des lettrés arabes, consiste à savoir lire et écrire. Sa signature est au bas du dessin.

Le second, Ali ben Abranche, est un cheikh. Ignorant comme un chevalier du Moyen-âge, le guerrier ne sait pas même signer son nom.

Tous deux ont voulu porter une marque distinctive de commandement.

Le marabout ayant mis sur sa poitrine un morceau de chiffon rouge, tranchant sur son burnous blanc, comme une décoration ; le chef militaire a réclamé un insigne plus éclatant encore. Nos soldats, en conséquence, lui ont donné un pompon rouge de grenadier dont il a orné son burnous noir de poil de chameau.

Le Cheikh supporte sa captivité avec orgueil et gravité, le Marabout avec tristesse et résignation. Il ne fume pas en signe de deuil.”

Prisonniers arabes à Sainte-Marguerite est un texte découvert dans le journal “Nice artistique” du 3 décembre 1881.

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