Souvenir du passé au Cap Martin est un article qui rappelle une douceur de vivre qui se perpétue encore aujourd’hui.
» Le cap Martin, est, en somme, une annexe aristocratique de Menton, dont il est séparé par un torrent, le Gorbio.
On se trouve, ici, dans une immense propriété particulière riche de souvenirs qui remontent, de siècle en siècle, de ruine en ruine, jusqu’au premier passage des Romains.
Le jardins les plus luxuriants de la Côte, cernant des villes princièree, sont là qui évoquent les plus anciennes fortunes et des personnages historiques : Arêthuse, bâtie sur les données du Petit Trianon de Versailles, Clémentina, Çynthia, Lygie. Casa Monica, Les Rochers, Polozzô del Mare… et des fleurs et des femmes venues des quatre coins du monde…
Là, on peut voir encore de beaux cavaliers et les dernières calèches où se tiennent des dames à cheveux blancs, droites et lointaines, si lointaines qu’on croit avoir rêvé quand on n’entend plus le sabot des chevaux…
Mais le regard qui s’égarait dans les souvenirs, brusquement, un citronnier le raccroche, un citronnier lourd de jeunes citrons verts comme un chapeau chinois de clochettes.
Heureux pays où les fruits d’or n’ont pas de saison. »
Souvenir du passé au Cap Martin est un texte surgi du journal « L’Intransigeant » du 14 décembre 1933.