Franchir le pas de l’Esterel est une histoirer qui rappelle la signification de cette expression varoise.
» Sur la mer très bleue, les roches rouges comme la pourpre de l’Esterel dessinent le caprice de leurs découpures, tandis que, de l’autre côté de la route, des pins maritimes étendent l’ardente frondaison de leurs paillettes d’émeraude.
Tout l’Esterel est dans cette opposition violente des couleurs qui toujours attira les touristes et les peintres, depuis surtout que les apaches ont daigné abandonner ces pays enchanteurs.
Car l’Esterel fut pendant longtemps un véritacle coupe-gorge.
Le sire Gaspard de Besse venait de s’échapper des prisons de Draguignan, et les exploits de sa bande terrorisaient de nouveau tout le pays.
Et cela pendant longtemps.
Il est évident que la justice ne restait pas inactive. A défaut de la maréchaussée, qui n’était pas très nombreuse, des hommes de confiance étaient chargés de suivre les traces des bandits.
Quand on parvenait à saisir quelques malandrins, on jalonnait la route de leurs têtes sanglantes plantées au bout de longues piques.
Mais, paraît-il, ce procédé n’était pas pratique, car les représailles étaient horribles.
On prenait alors le parti de faire escorter les diligences par tous les hommes d’armes disponibles et les gens de bonne volonté, et de véritables caravanes se formaient à Fréjus pour traverser la terrible montagne.
Le peuple eut bientôt fait de généraliser, et « franchir le pas de l’Esterel » devint un proverbe courant pour désigner quiconque avait une très mauvaise affaire à terminer.
Ftanchir le pas de l’Esterel est un texte découvezrt dans « Le Mois littéraire et pittoresque » du 1er janvier 1904..