Tristesse des Russes à Cannes est un récit qui raconte la fin d’une époque marquée par le grand-duc Michel.
» Kazbeck !…
Dans Cannes, ce seul mot évoque toute une tradition, un luxe comme on n’en reverra plus, un faste oriental transporté sous le doux soleil de la Côte d’Azur.
Elles sont quelques villas sur la colline de la Californie, qui portent ainsi de grands noms faits de grands souvenirs.
Il y a par exemple la villa Fiorentina, palais Florentin de la princesse Karageorgevitch, la villa Isola Bella dont le jardin est aujourd’hui loti et dans laquelle Paul Poiret organisa en 1920 une fête de nuit inoubliable, le « Château de Thorenc » où logea un hiver le maharajah de Porbandar qui avait amené sa garde militaire et qui faisait surveiller son parc par cent hindous en costumes magnifiques.
Il y avait aussi la villa Wenden, qu’habitaient le prince et la princesse de Mecklembourg Schwerin. Un soir de fête, le prince s’en alla seul fumer son cigare sur une terrasse. On retrouva son corps fracassé trente mètres plus bas. Crime, accident ?…
C’est aussi dans la villa Wenden que se connurent et se fiancèrent ceux qui sont aujourd’hui le roi et la reine de Danemark.
« Wenden », aujourd’hui, a changé de nom, elle s’appelle « Le Rouve » et appartient au commandant et à Mme Gruss Gallieni, fille du maréchal.
Il- y a aussi la villa Valetta qu’habitent aujourd’hui ses propriétaires M. et Mme Louis Hachette, et dans laquelle Lloyd George résida pendant la conférence de Cannes, entre deux leçons de golf données à Artistide Briand.
Tout près de « Valetta », le château St-Michel à la duchesse de Vendôme, sœur du pauvre roi Albert 1er.
Et tant d’autres encore qui sont illustres par bien des points et qui mériteraient qu’un jour on écrive leur histoire. »
Tristesse des Russes à Cannes (1) se poursuit avec une second épisode.
Le mont Kazbek est un sommet et volcan endormi culminant à 5 047 mètres d’altitude en Géorgie, près de la frontière avec la Russie.