Hyères en ruine

par JMS
Hyères en ruine

Hyères en ruine raconte les destructions subies par la ville après le siège du château par les troupes du roi de France Henri IV.

« Après le siège de 1596, le dernier que le château d’Hyères ait eu à soutenir, le spectacle qu’offrit la ville était plus propre à exciter la pitié que l’envie des villes voisines.

C’étaient partout des murailles écroulées, des maisons sans toitures ou dégarnies de portes et de fenêtres.

C’étaient encore les jardins dévastés ou laissés » sans culture, une nature en deuil, des monuments en ruines.

C’était la forteresse, que l’artillerie avait en vain foudroyée et qu’on démolissait pierre à pierre par ordre du roi.

Pauvre vieille ville sur le sort de laquelle les habitants pouvaient gémir, et qu’ils regrettaient comme un ami qu’on pleure et qu’on enterre, car alors on parlait de l’abandonner et de jeter ailleurs les fondements d’une autre habitation.

En effet, il était question alors de transporter la ville à la presqu’île de Giens et c’eût été grand dommage.

Avec l’abri de sa montagne, Hyères eût perdu ses orangers qui font sa richesse, et la douce égalité de son climat.

Heureusement ce projet fut abandonné ; on se contenta de quitter la vieille ville, placée sur les rochers comme un nid d’aigle, pour construire au pied du mont la ville moderne.

Depuis lors Hyères est devenue cette jolie petite cité qui nous offre l’échantillon des productions les plus méridionales du bassin de la Méditerranée, et un séjour salutaire pour tous ceux dont les rigueurs de nos climats du nord affectent péniblement la constitution. »

Hyères en ruine est un extrait du journal “L’Athenaeum français” du 1er janvier 1853.

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