La vallée des larmes à Six-Fours est un récit qui raconte une grande bataille contre les Sarrazins.
» Six-Fours, petite ville dont l’origine fût obscure, ne tarda pas à prendre un grand développement bien que pendant plusieurs siècles les invasions sauvages des Goths, Visi- goths, Bourguignons et Sarrazins fussent de nature à entraver son évolution.
Afin de protéger Six-Fours contre ces raids, six forts ou tours furent bâties sur son territoirese, permettant aux habitants poursuivis par les pirates. de s’y réfugier.
La plus importante de ces tours était située sur la colline de Six-Fours, une seconde se trouvait au Croûton, une troisième sur le Cap Nègre, une quatrième aux Lônes, une cinquième près de La Seyne, au quartier Peyron, enfin une sixième au Brusc.
Au sujet de cette dernière, la légende raconte qu’on y gardait, avec de grandes précautions, une énorme vache en or massif qui serait restée ensevelie sous les ruines de cet antique bâtiment lors d’un incendie qui détruisit entièrement le village du Brusc.
Les brigandages et déprédations que les Six-Fournais eûrent à souffrir de la part des Sarrazins les poussèrent à se débarasser complètement de ces pirates.
C’est ce qu’ils obtinrent en l’an 950, après le sanglant combat de Malogineste.
Cette rencontre fût décidée pour délivrer une belle jeune fille enlevée par les Sarrazins qui — pour sa mise en liberté — réclamèrent d’elle, mais sans succès, sa renonciation au culte catholique.
De nos jours il n’est pas rare d’entendre les paysans de cette région, appeler ce coin de terre, la vallée des larmes et cela, sans doute, à cause des pleurs répandus par les parents des chrétiens qui y furent tués.
Et c’est au centre des sépultures chrétiennes que fut élevé, en l’honneur de St-Pierre, lun oratoire commémoratif. »
La vallée des larmes à Six-Fours est un texte trouvé dans la revue « Le Var illustré » du 1er août 1921.