Mauvaises odeurs à Toulon est un récit qui rappelle qu’une bonne partie de la vie était insaluble au XIXème siècle.
» Lorsqu’on se rend dans les stations hivernales de la Méditerranée ou lorsqu’on revient du pays du soleil, vers le centre de la France, on néglige trop, à notre avis, de s’arrêter à Toulon, dans ce grand établissement maritime, une des gloires de notre marine militaire.
Si le touriste savait davantage tous les émerveillements qui l’attendent dans la visite de la rade, des ateliers et des gigantesques représentants de notre flotte, à coup sûr pas un voyageur ne passerait à Toulon sans y déboucler sa valise pour quelques jours.
Nous lie parlerons pas de la vieille ville proprement dite, et encore cet adjectif ne peut-il lui être appliqué sans faire sourire ceux qui la connaissent bien !
Aucune ville, en effet, qui se respecte, ne présente aux narines du voyageur plus d’étranges odeurs que Toulon, et quand, des senteurs embaumées de Grasse ou de Menton, des odoriférantes promenades de Cannes, de Nice ou d’Hyères, on tombe en pleine odeur de cette cité maritime, je vous laisse à penser combien on regrette qu’une municipalité française ne sache pas prendre des mesures de la plus élémentaire salubrité.
Passons vite, passons rapidement sur ces erreurs, dont trop d’habitants sont les complices trop actifs.
La rade et le port sont les principales attractions dans cette ville, bien plus maritime et militaire que commerçante ou bourgeoise.
La rade se divise en petite et grande rade.
Après la visite de l’un des navires de guerre au mouillage, les touristes reviendront à terre pour parcourir l’arsenal maritime ; cette promenade, à travers différents établissements, se développe sur une longueur de 7 kilomètres environ et comprend : le musée naval ou salle de modèles, la corderie, la mâture, les ateliers de forge, de chaudronnerie), de zinguerie, le magasin général, la prison Gervais, le parc d’artillerie, la salle d’armes, l’armurerie, la menuiserie, etc., etc.
Lorsque vous serez reposé de cette intéressante visite, n’omettez pas de monter au Mont Faron. De là, vous jouirez d’un coup-d’œil magique sur la ville et la rade, et, si le temps vous favorise, vous découvrirez au loin la chaîne des Alpes et en mer la Corse ! «
Mauses odeurs à Toulon est un texte reniflé dans le journal « Paris-touriste » du 24 février 1884.