Musique triste au Lavandou

par JMS
Musique triste au Lavandou

Musique triste au Lavandou est un récit qui rappelle que le compositeur Ernest Reyer est mort dans ce village.

 » Le compositeur des opéras Sigurd et Salammbô n’est plus.

Ernest Reyer est décédé, hier apres-midi, dans cette jolie petite propriété du Lavandou où il passait l’hiver depuis quelques années.

C’est une maison à un étage, une sorte de bastide, comme disent les Provençaux, toute blanche, située dans un repli bien abrite des Maures, à deux cent cinquante mètres du rivage.

Il vivait retiré et n’y recevait pas beaucoup d’amis.

Mais il aimait à se mêler à la population du petit village, deviser avec les pécheurs, avec quelques vieux loups de mer retraités de la a marine de l’Etat, qui vivent là de leur maigre pension.

Par les beaux après-midi, Ernest Reyer aimait à descendre sur la place du Lavandou, qui d’ailleurs commémorait sa gloire en portant déjà son nom.

Il s’attablait aux terrasses des petits cafés et ne dédaignait pas de jouer la partie de cartes ou de dominos avec d’humbles habitants de la bourgade.

Ce qui le délectait, c’était son café pris au grand soleil !

Lorsqu’il quittait après chaque printemps Le Lavandou, le maître se rendait tout d’abord à Paris, puis il allait passer son été à Mouthier.

Aussi, dans ce petit village du Lavandou, était-il adoré de la population pour sa bonhomie bienveillante et cordiale et pour sa simplicité accueillante.

Le deuil est général et beaucoup d’habitants ont demandé à défiler devant les restes mortels du compositeur pour s’incliner une dernière fois respectueusement devant lui. »

Musique triste au Lavandou est un texte recueilli dans le « Journal des débats politiques et littéraires » du 17 janvier 1909.

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