Callas sans voix est une histoire qui rappelle un triste drame de la jalousie dans le département du Var.
» Les époux Collet tenaient depuis quelques mois le café de la Piacette, au milieu du village de Callas, dans le département du Var.
Il paraît que la femme Collet, bien avant cette époque, aurait eu des relations avec un nommé Justinien Mistral, boulanger.
A diverses reprises, ce dernier avait fait à sa maîtresse des scènes scandaleuses de jalousie en plein café.
Enfin, mardi après-midi, depuis le café, Mistral tira sur la femme Collet qui sortait de l’établissement un coup de fusil qui l’atteignit par derrière et lui traversa le cœur.
La malheureuse a eu à peine le temps d’appeler au secours, puis s’est affaissée, baignant dans son sang sur le trottoir.
Quelques personnes se sont approchées pour porter secours à la blessée, lorsqu’à ce moment un nouveau coup se fit entendre, et la charge passa au milieu des personnes réunies sans les atteindre, sauf le docteur Pierrugues qui reçut quelques plombs dans le pied.
Un troisième coup retentissait encore après.
Cette fois, c’était le malheureux qui se tirait, sous le menton, un coup qui lui emportait la moitié de la tête.
Le menton, les dents, la langue, le nez, ont disparu ; les moustaches sont restées au plafond, les dents et divers morceaux de chair gisaient à terre.
Le malheureux, cependant, n’était pas tué sur le coup et a survécu quelques heures à ses horribles blessures. «
Callas sans voiix est un texte trouvé dans le journal « La Démocratie d’Indre-et-Loire » du 10 octobre 1893.