Une impératrice se soigne à Berthemont est un récit qui relate l’histoire de cette station thermale des Alpes-Maritimes.
» A cinquante kilomètres de Nice, vers le Nord, se trouve, à 900 mètres d’altitude, un large plateau orienté au sud et protégé des vents de l’est, du nord et de l’ouest. par un demi-cercle de montagnes de 2.200 à 3.300 mètres d’élévation; c’est le plateau de Berthemont.
Il y a là, la station estivale des Alpes-Maritimes remarquable par la douceur de la température, ses forêts séculaires, la pureté de son atmosphère, l’abondance de ses eaux potables et la richesse de ses sources sulfurées calciques, rivales de celles des Pyrénées.
Au nord-est du plateau, au fond d’une gorge sauvage où roulent en tonnerre parmi les roches cahotiques les cascades d’un torrent, le Spalliard, naissent d’abondantes sources sulfureuses.
C’est dans ce site d’une majestueuse grandeur qu’en l’an 261 l’impératrice Cornélie Salonine se fit transporter à travers les sentiers de la montagne pour y rétablir sa santé compromise.
En souvenir de sa guérison, l’impératrice fit cesser les persécutions religieuses dans la région.
En 1564, les thermes de Berthemont, détruits par un tremblement de terre, furent reconstruits en 16ô3 par Madame Royale, femme d’Emmanuel-Philibert, duc de Savoie.
En 1668, la duchesse Marie-Jeanne-Baptistine de Savoie-Nemours, mère de Victor-Amédée II, premier roi de Sardaigne, grièvement malade, vint, sur les conseils de ses médecins, en passant par le col des Fenestres, faire une cure à Berthemont.
En 1680, Antoine Garagno, banquier de Turin, puis conseiller d’Etat président des finances et enfin surintendant général du commerce, fut fait comte de Roquebillère par Victor-Amédée; il reçut ainsi le fief de Roquebillère, dont dépendait et dépend encore Berthemont.
Les Garagno, jusqu’en 1722, semblent s’ètre désintéressés des thermes; ils n’y ont laissé ni un monument ni un souvenir.
Si l’on édifia autrefois quelques constructions pour recevoir l’impératrice Cornélie Salonine, tout vestige en a disparu ; mais on peut apercevoir encore les restes d’un ancien établissement, détruit vers la fin du XVIIIème siècle par une avalanche de rochers ; ils remontent vraisemblablement à Madame Royale. Ce sont des pans de mur revêtus de ciment, où l’on ne découvre qu’une architecture rudimentaire sans décoration et sans art.
A la Révolution française, le comté de Nice passa aux mains de la France, y compris Roquebillère et Berthemont; les biens des nobles furent saisis et vendus et les sources, propriété des comtes de Roquebillère, furent adjugées, le 25 nivôse an V, au médecin Honoré Mathieu.
En 1863, un certain Bergondi, devenu propriétaire des sources de Berthemont, reconstruisit un établissement de bains.
Mais, en 1815, une avalanche l’emporta dans le Spalliard.
Enfin, en 1882, Pierre Cardou, avoué à Nice, forma une société financière qui, sous la direction d’un architecte de grande valeur, M. Chevallier, éleva un magnifique établissement dans le voisinage des anciens’ bains.
Depuis ce temps, Berthemont est sorti de son humilité imméritée. »
Une impératrice se soigne à Berthemont est un texte sourcé dans la revue « La Gazette des eaux » du 3 janvier 1907.