Bains turcs à Nice

par JMS
Bains turcs à Nice

Bains turcs à Nice est un article qui rappelle que le hamman de la place Garibaldi a été le premier créé en France.

 » Le Bain est ouvert dès huit heures du matin jusqu’au soir, sur la place Grimaldi à Nice.

Les après-midi des mardis et vendredis de chaque semaine sont exclusivement réservés aux dames, à partir d’une heure.
Le massage se fait d’après les méthodes algériennes et indiennes par de vrais orientaux.

Le Kabyle Ben-Mohamed, de la tribu des Béni Djenad, douar Irilli Aghache, cercle de Tizi-Ouzou, ancien masseur de S. A. I. le prince Napoléon, fait partie du personnel.

Le Docteur Charles Depraz, ancien professeur de médecine, et spécialiste pour les bains turcs, séjourne dans l’établissement pour toutes les personnes qui désireraient suivre un traitement. Les honoraires du médecin se paient à part.

Le Hammam de Nice est le premier établissement de ce genre qui ait été créé en France depuis les Thermes de l’époque gallo-romaine.

L’élite de la société étrangère et niçoise a patronné cette entreprise pour répondre à un besoin, pour doter la perle du littoral méditerranéen d’une institution éminemment utile et agréable, et pour faire pénétrer dans les masses l’idée et la pratique de la propreté, de la politesse, des jouissances honnêtes, au grand détriment des cabarets et de tous les mauvais lieux.

La distribution de cet établissement a été faite d’après les plans les plus parfaits des nombreux Hammams de l’Angleterre.
La partie antérieure ou atrium renferme le bureau où les baigneurs reçoivent leur billet d’entrée et peuvent déposer leurs objets de valeur contre une contremarque numérotée.

Le salon de coiffure et le restaurant sont disposés de chaque, côté du bureau, avec une issue spéciale pour l’intérieur du Bain. Au-dessus de l’atrium se trouvent la salle d’administration et l’appartement du Médecin-Directeur.

La partie moyenne ou frigidarium comprend le vestiaire. L’on se déshabille dans des cabines particulières, et les effets sont déposés dans des casiers numérotés et fermés à clef, sous la surveillance du gardien,le capsarium des thermes romains.

A l’opposé, se trouvent la vaste piscine de natation, les douches variées et un petit vestiaire spécial aux hydropathes, qui séjournent peu dans l’établissement.

Au milieu est installé le vaste salon de repos, d’une élégante architecture orientale, entouré de divans et de fauteuils, où l’on se réunit après le bain pour fumer, causer et se restaurer dans toute cette voluptueuse liberté que procure l’ample peignoir turc à l’étoffe moelleuse et resplendissante de blancheur.

L’arrière partie du bâtiment est le calidarium, ou bain proprement dit, où l’on passe dans différentes salles spécialisées offrant des températures différentes avant de se laisser masser.

Il est disposé en croix de Malte, recevant le jour par les voûtes percées d’étoiles en vitraux coloriés. »

Bains turcs à Nice est un texte trouvé dans le livre « Hammam de Nice » de Charles Depraz, édité en 1869.

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