Duel à Nice est une histoire qui rappelle, qu’à une époque, une altercation pouvait se régler les armes à la main.
Dans la soirée de vendredi dernier, durait la redoute blanche au Casino de Nice, le docteur Doyen qui assistait à la fête avec sa femme vit celle-ci tout à coup vivement apostrophée par une dame accompagnée d’un cavalier.
Le docteur Doyen protesta.
Le cavalier intervint alors et prit vertement le parti de sa campagne.
De là, une discussion au cours de laquelle le docteur Doyen leva la main sur son interlocuteur. Il esquissa seulement son geste.
Mais déjà l’autre lui tendait une carte. Le docteur donnait la sienne aussitôt.
Ainsi, apprit-il qu’il avait affaire à M. Constant von Langhendenck, capitaine des guides de Bruxelles.
Le duel était inévitable.
Le lendemain, des témoins furent constitués.
Les témoins du docteur Doyen étaient, M. Sauvan, sénateur, maire de Nice, et le docteur Edon, chef de clinique du docteur Doyen.
Ceux du capitaine von Langhendonck étaient les capitaines Bugnet et Mercier.
Après échange d’observations entre les témoins, une rencontre a été décidée ; elle eut lieu, le lundi suivant à dix heures du matin, au restaurant Roux, quartier de la Californie.
L’arme choisie était l’épée.
La rencontre n’a eu que peu de durée.
Dès la première reprise, le docteur Doyen a touché deux fois son adversaire à l’avant-bras droit.
Le combat a été arrêté.
Les deux adversaires se sont serré la main avant de se séparer. »
Duel à Nice est un texte tiré du journal « L’Aurore » des 7 et 8 mars 1910.