Fausse tranquillité à Golfe-Juan est un article qui rappelle que ce village du bord de mer s’étale le long d’une baie magique.
» Le petit port de Golfe-Juan n’était guère qu’un pittoresque village de pêctheurs lorsque, après la première guerre mondiale, l’essor prodigieux de la Côte d’Azur en général et de Juan-les-Pins en particulier, faillit en faire une véritable station climatique.
Les hôtels s’élevèrent, des villas, d’agréables maisons de plaisance surgirent parmi les mimosas, les orangers et les poivriers.
Sa plage de sable fin connut, il y a une dizaine d’années, une joyeuse animation.
A cette époque, beaucoup de moyens et petits bourgeois, fascinés par la Côte d’Azur, éblouis par la publicité dont elle était l’objet, mais pas assez riches pour descendre dans les palaces de Cannes ou de Juan-les-Pins, se rabattaient sur des stations plus modestes.
Mais cette période d’activité et d’abondance pour l’industrie touristique prit fin rapidement.
Dès que les établissements des grandes villes voisines, pour lutter contre la crise, se mirent à baisser leurs prix, il ne resta pas beaucoup de clients pour Golfe-Juan.
De sorte que le développement et l’ascension du village où débarqua Napoléon à son retour de l’île d’Elbe, furent arrêtés d’un seul coup.
Aujourd’hui, Golfe-Juan a repris son aspect paisible d’autrefois.
Sa population, affable et polie, tire ses ressources des cultures maraîchères et florales, .de la pêche et fournit la main-d’œuvre à quelques usines de parfums.
Dans le port miniature, qu’abrite une jetée, en toutes saisons, des yachts élégants sont amarrés, dont les gardiens sont généralement des pêcheurs de la localité.
On sait que la baie de Golfe-Juan, défendue contre les lames de fond par une ligne de rochers sous-marins. est une des plus sûres et des plus fréquentés de France. »
Fausse tranquillité à Golfe-Juan est un texte trouvé dans le journal « Le Cri des travailleurs des Alpes-Maritimes » du 22 février 1936.