La tombe de l’anglais à Saint-Jean-Cap-Ferrat

par JMS
La tombe de l'anglais à Saint-Jean-Cap-Ferrat

La tombe de l’anglais à Saint-Jean-Cap-Ferrat est une histoire qui raconte un temps où les cimetières n’étaient pas pour les anglicans.

” A quelque distance de la maison des gardiens du phare de Saint-Jean-Cap-Ferrat, vers le nord-est, se trouve la pierre tombale d’un anglais décédé à Tende en 1817.

Pas de cimetière pour l’Anglais

Voici cette inscription : « To the memory of Charles Best esq. m. d. who died at Tenda in the county of Nice, on the 30th. day of july 1817, aged 38. »

Ce malheureux jeune homme avait succombé à Tende, pendant une excursion qu’il avait entreprise par la route de Turin.

On l’avait alors embaumé, puis transporté à Nice, chef-lieu de la province.

Mais sous le régime sarde du temps, aucun cimetière n’admettait les dépouilles des protestants.

Les amis du défunt lui firent une sépulture à la pointe du Cap Ferrat.

Dès la fin des guerres du premier Empire, une colonie anglaise assez nombreuse venait passer l’hiver à Nice, occupant surtout le quartier de la Croix de Marbre.

Cette colonie s’émut de ce que le corps de Charles Best avait été repoussé des cimetières.

Intervention diplomatique

L’affaire fut transmise au gouvernement de Londres qui fit agir auprès de la cour de Turin.

Il ne fallut pas moins de quatre ans pour obtenir satisfaction.

Enfin, en 1821, le gouvernement sarde autorisa l’édification d’un cimetière et d’un temple protestants à Nice, chef-lieu de la province, mais de combien de restrictions cette autorisation était accompagnée !

Le temple et le cimetière devaient être établis dans un lieu écarté, n’avoir ni cloche ni clochers, se dissimuler derrière des arbres, et on ne pouvait y admettre que des Anglais pour lesquels cette concession était faite.

C’est alors que fut créé le cimetière anglican de la rue de France, près de la Croix de Marbre.

Le jeune homme qui repose ici au Cap Ferrat avait, après sa mort, déterminé cette fondation, dont la colonie anglaise fut si satisfaite qu’elle se multiplia rapidement à Nice et que trois ans après, en 1824, elle commença à ses frais la Promenade des Anglais.”

La tombe de l’anglais à Saint-Jean-Cap-Ferrat est un texte tiré du journal “La Semaine niçoise” du 26 mars 1903.

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