Les dernières victimes du prince de Monaco est un article satirique sur les explorations maritimes d’Albert Ier.
Le prince de Monaco, pour qui le fond de la mer n’a plus de secret, a fait récemment à l’Académie des Sciences une communication des plus intéressantes sur le troisième voyage de son yacht la Princesse-Alice.
C’est la septième exploration du prince Albert. Elle a duré six mois.
On connaît déjà les baleines reconnues chassées et harponnées par l’équipage de la Princesse-Alice dans les eaux perfides de la mer d’azur.
Ont été victimes du dernier voyage princier, un gigantesque Crampus Griseus, long de 3 m ,40 et deux Orca Gladiator, dont l’un mesurait six mètres.
Par passe-temps, dans l’Atlantique, au retour de cette pêche extraordinaire, le prince de Monaco a reconnu un nouveau banc très étendu, par environ 31° de latitude nord et 37° de longitude ouest.
Aux environs des Açores, on a poussé les dragages jusqu’à 5.000 mètres de profondeur.
Les résultats ont été satisfaisants: on a ramené des échinodermes et, de 1.500 à 2.000 mètres, un grand nombres de poissons et des tortues pesant jusqu’à 34 kilogrammes.
Sur ces tortues, on en a rejeté une à la mer avec une médaille portant la date et le point du lâcher.
Encore quelques tortues comme celle-là, et l’Océan n’aura plus rien à envier à l’étang de Fontainebleau, dont toutes les carpes sont médaillées. »
Les dernières victimes du prince de Monaco est un texte émergé du « Journal des voyages et des aventures de terre et de mer » du 1er août 1897.