Rauba Capeu à Nice

par JMS
Rauba Capeu à Nice

Rauba Capeu à Nice est un poème dédié au promontoire situé entre les Ponchettes et le port, où le vent malin enlève les chapeaux.

Il est â Nice un promontoire

Qu’on appelle Rauba Capeu.

Suivant le provençal grimoire,

Ce nom veut dire que bien peu,

Lorsque le mistral trouble-fête

 Fait rage sur la terre et l’eau,

Affrontent ici la tempête

Sans y laisser toque ou chapeau

Parmi les passes de la vie,

Il est bien des Rauba Capeu,

Où la maie chance et l’envie

Font perdre à plus d’un son enjeu.

D’un naïf amant la tendresse

Espère un éternel amour ;

Un beau jour sa folle maîtresse,

Rauba Capeu ! fuit sans retour.

Un autre, par le mariage,

Obtient, après un beau sermon,

Une ingénue au doux visage,

Rauba Capeu ! c’est un démon.

Un candidat, fin politique,

Flatte réacs et novateurs ;

Mais en dépit de sa tactique,

Rauba Capeu ! plus d’électeurs.

Un fort banquier prête au khédive

Ses écus à gros intérêts ;

Mais l’Egypte est à la dérive,

Rauba Capeu ! Gare aux protêts !

Ainsi passe la vie entière

Entre l’espoir et le regret,

Richesse, honneurs, douce chimère,

Au moindre vent tout disparait.

Rauba Capeu est une poésie enlevée du livre « Fleurs exotiques », publié en 1880.

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