Réhabilitation d’un bagnard de Toulon est une histoire qui revient sur le sort d’unn homme injustement condamné.
» Dans la nuit du 24 au 25 octobre 1914, trois vols à main armée furent commis à Toulon : MM. Rossi, Gasq, un second maître de marine, M. Lemordant, et sa femme, furent attaqués et frappés à coups de couteau.
A la suite de l’enquête de la police, on arrêta, les 27 et 28 octobre, Paul Azalbert, Augustin Berreta et Charles Gueit, qui furent formellement reconnus par les victimes.
Azalbert et Berreta s’avouèrent coupables, mais affirmèrent que Gueit n’avait pris aucune part aux vols.
Devant la cour d’assises du Var, Gueit. fut déclaré coupable d’être l’un des auteurs des vols commis au préjudice de MM. Gasq et Rossi et fut condamné à vingt ans de travaux forcés et dix ans d’interdiction de séjour, alors qu’Azalbert et Berreta étaient condamnés aux travaux forcés à perpétuité.
A la Guyane, Gueit continua à soutenir qu’il était innocent.
C’est un moribond, Ernest Ambrosini, qui se décida à dévoiler la vérité.
Le malheureux Gueit mourait, en effet, le 2 février 1923, à Saint-Laurent (Guyane), et c’est seulement le 27 novembre de la même année qu’Ambrosini décédait à Toulon, après avoir écrit, en présence de sa sœur et d’amis qui assistaient à ses derniers moments, une lettre adressée au chef de la Sûreté, et dans laquelle il déclarait avoir commis le crime pour lequel Gueit avait été condamné.
Et la Cour de Cassation vient de réparer, trop tard, hélas! la grave erreur judiciaire commise par la Cour d’Assises du Var, en 1912. «
Réhabilitation d’un bagnard de Toulon est un texte exhumé du journal « Le Messin » du 25 décembre 1924.