Echanges acides à Nice

par JMS
Echanges acides à Nice

Echanges acides à Nice est un article qui raconte les relations tumultueuses d’un couple.

 » Les habitants de la rive gauche du Paillon, à Nice, connaissaient tous Alice Sémeria, jeune fille de dix-sept ans, blonde comme les blés, qui tenait le kiosque de journaux situé à la tôte du Pont Vieux.

Cette jeune fille connaissait depuis deux ans un garçon boucher nommé Jérôme Bunafé, âgé de vingt ans, qui lui avait longtemps fait la cour.

Celui-ci, d’un naturel grossier et brutal, lui faisait des scènes pour des riens et la batttait souvent.

Elle n’osait rompre avec lui, tant elle le craignait, et cependant cette existence lui était devenue intolérable et elle était fermement résolue à mettre un terme aux brutalités de son amant.

La semaine dernière, à la suite d’une violente dispute, Bonufé lui donna dans le ventre un coup de pied qui força la fille à s’aliter pendant quelques jours.

Enlin, avant-hier soir, comme elle le menaçait de se venger, il l’insulta dans la rue en lui criant à tue-tête tous les mots gras dont la langue niçoise est particulièrement fleurie.

Furieuse, Alice Sémeria se procura du vitriol et !e jeta au visage de son amant.

Puis elle alla tranquillement se constituer prisonnière au commissariat du 1er arrondissement de Nice en racontant ce qu’elle avait fait, ajoutant qu’elle avait voulu défigurer son amant et qu’a part ça elle l’aimait toujours.

Une première enquête a découvert que la jeune Alice s’est récemment fait avorter en absorbant certaines drogues de pharmacie.

Quant à la victime, Jérôme Bonafé, son état est toujours grave.

Il souffre d’atroces douleurs ; le vitriol a brûlé les chairs de la face sur une grande étendue et il portera toute sa vie les marques de la vengeance de son amante.

Triste fin d’une idylle : elle en prison, lui sur un lit de douleur. »

Echanges acides à Nice est un texte découvert dans le journal « Le Messager du Midi » du 26 décembre 1887.

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