Les distractions à Nice est le sixième épisode du feuilleton « Le guide du voyageur sur la Côte d’Azur ».
» Les distractions à Nice ne font pas défaut.
II y a le Casino municipal, le Palais de la Jetée, l’Olympia, l’Eldorado, le Palais de Glace…
Bon! Voilà que j’oubliais l’Opéra !
On donne dans tous ces établissements des spectacles de choix. Pendant les entr’actes, quelquefois un peu longs, le public est invité, au lieu d’aller bêtement dépenser son argent au café, à essayer sa chance au jeu de la boule.
Ce petit jeu de boule, quoiqu’il n’en ait pas l’air, est un jeu de quilles.
Les quilles, ce sont les joueurs. La boule les renverse tous.
Mais la plus folle distraction de Nice, c’est son Carnaval avec son veglione, ses redoutes, ses cortèges, ses chars, ses confettis et ses batailles de fleurs.
Les femmes à Nice ne redoutent point les redoutes. Ce sont prétextes à flirts, à intrigues et à certaines licences que mon encre, toute noire qu’elle est, rougirait de déterminer.
Une vieille maxime dit qu’il faut toujours battre une femme même avec une fleur. Ce sage précepte est mis en pratique à Nice, vigoureusement, et les batailles de fleurs y obtiennent un succès étourdissant.
Pour être un bon guerrier, en pleine bataille de fleurs, il faut mépriser le danger de la dépense et y aller, gentiment, de ses cinq louis de petits bouquets.
Des vierges désirables sont retranchées dans des tribunes; d’autres passent, indolentes, dans des automobiles ou des victorias.
On les bombarde ; on sourit ; on les rebombarde, on resourit.
Quand on a bombardé cent cinquante fois les mêmes minois, et salué soixante-quatorze fois la cantatrice Mme Juniori, on peut se retirer de la lutte avec les honneurs de la guerre et des douleurs très vives dans le bras droit. »
Les distractions de Nice se poursuit avec l’épisode « Sur le chemin de Monte-Carlo ».