La ville enchantée de Niice est un récit qui décrit l’émerveillement de voyageurs à leur arrivée dans la cité.
» Èn arrivant â Nice, ils furent émerveillés dès qu’ils s’engagèrent dans la belle avenue de la gare, ombragée par ses immenses eucalyptus. La vie d’hiver commençait à prendre, à en juger par l’affluence des promeneurs et la richesse des étalages de magasins.
La place Masséna s’offrit bientôt à la vue, avec la promenade des Anglais et la mer.
Cette mer aux reflets bleus, sur les bords de laquelle se miraient au loin, le long de la baie, les plus gracieuses villas paraissant rivaliser de coquetterie pour séduire davantage !
Bientôt, on fut à l’hôtel d’où l’on avait encore la vue la plus enchanteresse.
A part quelques sorties dans la ville, sur les quais du Paillon, au Jardin d’hiver du Casino, au Jardin public et par la rue de France, à la Croix de marbre, les visiteurs consacrèrent la fin de la journée à un repos d autant plus agréable que, du balcon de l’hôtel, ils ne perdaient rien du mouvement extérieur.
Ils pouvaient ainsi ontempler ce site ravissant animé par des gens de tous costumes, de tout pays ; les uns se promenant avec une nonchalance italienne, d’autres passant au galop d’un attelage à la russe, d’autres encore croisant dans les équipages aussi luxueux que variés.
Le va-et-vient si fatigant dans les grandes villes paraissait à sa place dans ce lieu privilégié.
A la nuit, le spectacle changeait sans diminuer d’intérêt.
Partout des lumières multipliées, étincelantes comme en une soirée de fête. Au loin les feux de la côte qui, luttant contre l’obscurité, se reflétaient sur l’eau.
A tout instant, les orchestres de divers établissements charmaient les promeneurs, envoyant leur harmonie aux échos d’alentour. »
La ville enchantée de Nice est un texte découvert dans le roman « Inconnues », paraissant en feuilleton dans le journal « La Croix » du 15 décembre 1903.